Stages parentaux ??

L’OPPORTUNITÉ DU STAGE PARENTAL

 (Publié sur « Justice en ligne » -lien- le 14/08/2009)

Ici modifié le 30/12/2012.

(Éditorial B21230)


« Un psychothérapeute correspondant invite à apprécier différemment l’opportunité du stage parental à l’égard d’enfants et d’adolescents » :

L’un de nos internautes nous propose, ainsi que sur le site de son A.S.B.L., un regard nuancé sur l’opportunité du stage parental, d’un point de vue inspiré par la discipline qui est la sienne de psychothérapeute : »


En qualité de psychothérapeute spécialisé précisément dans les « problématiques ‘jeunesse-société’ » je puis vous rapporter les résultats des recherches relatives aux liens entre « génétique », « environnement ‘partagé’ » et

« environnement ‘non-partagé’ ».

Pour bien comprendre les choses, il faut d’abord savoir que les généticiens distinguent le génétique, d’une part, et l’environnement, d’autre part.

Dans un comportement donné, toute cause génétique n’est pas environnementale, et réciproquement. C’est l’un ou l’autre. Exemple : Avant de découvrir que l’autisme était héritable, l’on considérait systématiquement la mère comme étant responsable de la pathologie de l’enfant... (cf. Bruno BETTELHEIM).

Mais ce qui est héritable n’est certes pas toujours hérité !

Pour ce qui concerne maintenant l’« environnement », Robert PLOMIN distingue l’environnement partagé de l’environnement non partagé.

 

Au plan familial, l’environnement partagé est le cercle familial élargi, et partagé avec les autres membres du cercle, chacun y prenant sa part.

 

Par contre, est non-partagé par les membres de ce cercle le reste de l’environnement du sujet pris au sens le plus large : les copains de la Cité, l’école, le foyer où l’enfant se voit placé, les colonies de vacances, les mouvements de jeunesse, etc. C’est ce que l’on appelle en pédagogie, après la famille qui constitue le premier milieu, et, en ce qui concerne l’école, le second milieu ; vient ensuite le troisième milieu : les mouvements de jeunesse ou d’autres activités extrafamiliales ; ou encore des lieux de placements divers.

Habituellement, l’on s’arrête à trois.

Mais personnellement je ferais une distinction entre « activités extrafamiliales instituées  » (scoutisme, clubs sportifs, maisons de jeunes), d’une part, et celles que les adolescents et jeunes adultes se créent entre eux, sans l’intervention ni de la famille, ni d’une quelconque institution : Exemple : la « bande ». Je la dénommerais le

« quatrième milieu ». C’est sans doute le seul « milieu » véritablement choisi par le jeune et qui s’organise sans l’intervention d’une quelconque ‘institution’, qui se choisit un leadeur, mais qui est de plus en plus souvent manipulé par d’obscurs adultes dans des buts déviants, voire criminels.

Le choix du jeune adolescent d’appartenir à une « bande » est un choix personnel, mais souvent influencé par ses pairs soit par affinités, soit par craintes. Ce choix est déterminé en grande partie par l’attitude à l’égard du jeune des adultes des trois premiers milieux. C’est ce que l’on appelle… l’éducation, et les adultes influents de ces trois milieux, des… « éducateurs ».

Et Robert PLOMIN, pour ce qui concerne les comportements de l’enfant et de l’adolescent, et après de nombreuses études cliniques et statistiques, a pu démontrer que si l’enfant est fort sensible et influencé par l’environnement partagé, à l’adolescence, par contre, c’est l’inverse qui se passe !

Et donc, à l’adolescence du sujet, les membres du cercle familial (environnement partagé) deviennent quasi impuissants face aux comportements déviants de leurs ados ! Le stage parental n’est donc selon moi qu’un emplâtre sur une jambe de bois lorsque l’adolescent est déjà « capté » par un quatrième milieu déviant et devenu délinquant. Non pas que l’environnement partagé soit devenu impuissant, mais son pouvoir sur l’adolescent se réduit progressivement avec l’âge de celui-ci.

Par contre, le stage parental serait d’une très grande utilité au cours de l’enfance.

Mais cela relève de l’action préventive de première ligne, avant qu’il ne soit trop tard ! Toute la problématique de la délinquance provient de cette confusion énorme que fait la société à ce propos. La délinquance n’est que le résultat du délai, désormais forclos, des « mal-entendus » dans la prime enfance, et ensuite de la parfaite entente entre délinquants. Au milieu d’eux, ils se sentent compris.

Elle principalement est le fruit du comportement adulte du premier milieu (avant l' « âge de raison » !)

Les adultes « éducateurs » sont à cet égard 'coupables', souvent malgré eux, de ces « mal-entendus » .

En réalité, ils n’ont pas bien entendu les messages verbaux ou non des enfants dont ils avaient la charge...

Tout ceci oblige notre société toute entière à se remettre elle-même en question, une psychanalyse, ou plutôt une socianalyse (par le biais de la systémique appliquée à grande échelle, ou une solide analyse institutionnelle - cf. des auteurs René LOUREAU, Georges LAPASSADE, Jean OURY, etc.).


Pierre Roggemans

______________

Thèmes de cet article :

Délinquance - Délinquants, Délinquant, Mineur délinquant, Peine, Protection de la vie privée, Responsabilité pénale, Milieux éducatifs, Stage parental.



  «CLINIQUE DE L'ADOPTION» ®© «RÉSEAU DES ÉPIS MÊLÉS»®© (La CLAREM ©) Clinique de l'Attachement ©. A.S.B.L. « Une chose est sûre : si un psy vous assène des certitudes sur les troubles mentaux, c'est qu'il a besoin de soins » (J.-F. MARMION in Sciences Humaines - Grands Dossiers n°28 09-10/2012 'L'Histoire des Troubles mentaux ')

«Troubles de l'Attachement», du «Développement Dysharmonieux. Lutte contre les adoptions injustifiées et les trafics d'enfants. « Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin. » Carl Gustav Jung, Psychologue et Psychanalyste